February 20, 2014

À L'ATELIER DE: ELISA C-ROSSOW


La designer française maintenant établie à Montréal Elisa C-Rossow, qui se spécialise dans le vêtement haute gamme, a dévoilé dimanche soir sa collection 2014 lors d'une petite soirée intime à son atelier. Cette septième collection, intitulée Rango Banjo Bang-Bang, offre des vêtements intemporels et modernes dans des coupes impeccables et des tissus luxueux comme la gabardine de laine, la soie et le cuir d'agneau importé d'Italie. Inspirées par les plaines texanes, le folk et le bluegrass, les pièces portent des noms westerns tels que Dark Rodeo, Colt 45, Silverwood ou Bounty Hunter. Jetez un coup d'oeil au lookbook sur son site officiel.

Entre deux essayages, j'en ai profité pour capturer quelques photos de l'atelier d'Elisa, parce que je trouve cela très intéressant de découvrir l'environnement du designer, où se crée la magie de chaque collection. Je lui ai aussi posé quelques questions sur sa collection et ses inspirations, que vous pouvez lire au bas de ce billet, juste après les photos.










- Pourquoi est-ce que ta collection s'appelle Rango Banjo Bang Bang ?
Ce titre me fait sourire... C'est un slogan comme pourrait l'être "EAT PRAY LOVE". C'est à la fois musical dans l'oreille, affirmé comme la posture d'un cavalier et cela résume parfaitement les différentes inspirations de la collection. Chaque titre que je choisis est très important. C'est une partie intégrante de la collection et ça exprime l'émotion que j'ai voulue transmettre.

- D'où vient l'inspiration pour tes collections ?
Dans chaque collection, les inspirations peuvent être très vastes, mais je dirais qu'elles viennent généralement de la musique et du cinéma, car je suis très visuelle et mes oreilles ont toujours besoin de sons.
Pour la collection Rango Banjo Bang-Bang, ça a débuté par le cartoon "Rango" parce que ce lézard me donnait envie de parcourir le désert. Puis il y a eu "Django Unchained" et étant une fan de Tarantino, ça a servi d'huile à mon moteur créatif. Et finalement, il y a eu une orgie de musique folk et bluegrass, jusqu'aux origines avec Bill Monroe. 

- D'où vient ton amour pour le noir, la seule teinte dans ta collection ?
Le noir c'est intemporel. En vêtement, les plus belles coupes ne nécessitent aucune valeur ajoutée, ni motif ni couleur. Un vêtement sera vraiment mis en valeur en noir ou en blanc. Après ça, lorsqu'on en rajoute, c'est pour suivre un mouvement mode ou parce que la coupe n'est pas assez sophistiquée pour mériter le noir.

- Qui est la cliente d'Elisa C-Rossow ?
Ma clientèle est très diversifiée car j'offre un vêtement si essentiel à la garde-robe de la femme qu'il est difficile de ne pas trouver quelques chose à son goût. J'habille la femme de 25 à 70 ans. Les plus jeunes économisent pour s'offrir le veston noir bien coupé qu'elles porteront pendant 10 ans et les plus vieilles reconnaissent la qualité de mes morceaux en les touchant à peine car elles cousaient dans leur jeunesse.
S'il fallait resserrer le style de clientèle, je dirais que j'habille la femme active 35-50 ans, amoureuse de beaux morceaux uniques et concernée par une consommation locale et durable.

- Qu'est-ce qui te passionne avec le sur-mesure ?
Bien qu'une grande partie de mon travail est vendue en boutique comme prêt-à-porter haute gamme, je considère que le vêtement ne tombera jamais assez bien que s'il est fait sur toi. J'adore aussi les défis et dans le sur-mesure, j'en ai beaucoup! Que ce soit pour un manteau, une robe de mariée, une robe de bal ou un veston, c'est toujours très inspirant. Je travaille aussi des couleurs et des matériaux que je n'utiliserais pas dans mes collections permanentes. 
- Et finalement, le ciseau est un symbole très présent chez toi, même sur ton bras.
C'était d'abord un ciseau à bonsaï trouvé dans une brocante à Paris derrière chez moi. Je l'ai re-dessiné en logo avant même de penser à faire une ligne de vêtements. J'adore les bonsaïs, puis je trouvais que ça allait bien avec l'image de ma marque puisque je "taille" le vêtement sur le corps féminin. Tout est parti du ciseau.
   

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