May 1, 2012

À voir: le documentaire Girl Model

Hier soir, j'ai assisté au visionnement du documentaire anglophone Girl Model au Cinéma Du Parc en compagnie de gens du milieu de la mode et de la beauté. Qu'est-ce que Girl Model ? On suit l'histoire de la jeune sibérienne Nadya, 13 ans, de sa sélection à un gros casting par l'agence Switch jusqu'à son arrivée au Japon. On lui promet au moins deux jobs et 8,000US en paie. Une fois à Tokyo, c'est casting après casting, presque pas de travail, pas de rentrée d'argent, la solitude car elle n'a pas de membre de sa famille avec elle, et surtout, le choc de la barrière linguistique, car Nadya ne parle pas un mot anglais. Dans son contrat, on apprend qu'il y a une clause qui dit que si la jeune fille gagne 1 cm en poids, elle est renvoyée dans son pays. Et une clause qui dit que toutes les clauses peuvent changer à tout moment... louche non?

Parallèlement, on suit Ashley, la booker de l'agence Switch qui s'occupe du marché japonais et qui parcourt les pays de l'est à la recherche de viande fraîche (pardonnez-moi l'expression, mais c'est la réalité). Car les japonais, ils aiment leur mannequin très jeune, aux allures de poupées, à la peau de pêche et aux formes presque inexistantes. Ce qui est troublant, c'est que Ashley a elle-même été recrutée comme mannequin alors qu'elle était jeune et qu'elle a bossé au Japon. Elle a connu les rigueurs de ce métier, et maintenant, c'est à son tour de piger des jeunes filles, qui souvent ont besoin d'argent pour aider leur famille, et de les envoyer à Tokyo. Elle a une drôle de manière de raisonner, cette Ashley, vous allez voir...

Je vous invite à visionner ce petit extrait de Girl Model:


Suite à la projection du documentaire, il y a eu une discussion ardue entre un panel composé de: Chantal Durivage, présidente de Sensation Mode, Stéphane Leduc, éditeur en chef de Dress To Kill, Rachel Blais, mannequin présente dans le film qui tente de sensibiliser les gens sur les réalités du milieu, et Lydya Assayag, avocate, chercheuse et présidente du Réseau Québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF). Un des points qui est revenu le plus dans la discussion est l'âge légal pour bosser comme mannequin. Rachel Blais soutient que ce devrait être 18 ans, alors que Stéphane Leduc croit qu'à 16 ans, on a la maturité pour exercer le métier. Qu'en pensez-vous? Si avant 18 ans, on n'a pas le droit de voter, de légalement consommer de l'alcool, qu'on est considérer encore adolescente, vous croyez que c'est ok de se retrouver dans un pays étranger, à travailler sans arrêter ? Et on s'entend que parfois, les photos mode, elles sont un peu compromettantes. Pourquoi est-ce que des photos d'une jeune fille de 14 ans, portant peu de vêtements, c'est considérer comme artistique, alors que si elle n'est pas mannequin, c'est de la pornographie juvénile? Il y a une mince ligne parfois entre les deux. 

Durant les échanges, on a ressenti avec évidence à quel point Rachel a la cause à coeur, et c'est normal, puisqu'elle vit dans ce milieu et côtoie sans cesse des jeunes filles dans la même situation que Nadya. Elle parle aussi de traffic humain, car ces jeunes filles n'ont parfois aucun choix et pouvoir de décision, elles sont précipitées dans un milieu dont elles ne connaissent rien, elles ne peuvent rien dire car sinon elles seront renvoyées chez elles, où souvent elles vivent dans la pauvreté. Certaines finissent par se retrouvent dans un réseau de prostitution. C'est triste, c'est choquant et bouleversant, mais c'est une réalité qui n'est pas surprenante malheureusement. 

Maintenant, est-ce que ce documentaire va faire bouger les choses? Qui est à blâmer pour cette réalité: la société, le client, l'agence, la famille? Qu'est-ce qu'on peut faire pour faire avancer et dénoncer les choses? Je vous ouvre la discussion!

Le film sera en salle au Cinéma Du Parc dès vendredi le 4 mai 2012!
  

4 comments:

BeyondTheLens said...

le film me semble intéressant. J'ai hâte d e le voir. comment l'as-tu trouvé?

beyondthe-lens.com

ANIK L.R. said...

J'ai trouvé ça très intéressant, ça va bouleversé certaines personnes sans doute, ouvrir des yeux, faire jaser beaucoup j'espère! Tu me diras si tu vas le voir!

karin said...

Merci d'avoir partagé ce compte-rendu du film et de la discussion. Moi aussi je trouve cela très triste. J'ai peur qu'il n'est pas possible de pointer le doigt à un seul responsable, ce qui rend les choses difficile quand il s'agit de faire bouger les choses.
Je n'hesiterais pas à aller le voir.

hudecova said...

J'ai ecoute Rachel a Tout Le Monde en Parle et je suis d'accord avec elle. Il y a une grande difference entre 16 ans et 18 ans. Les jeunes filles de moins de 18 ans sont facilement manipules et influence. Esperons que des documentaires comme celui-ci (qui a l'air extremement interessant) ouvre les yeux des jeunes filles et surtout, des parents, qui acceptent d'envoyer leurs enfants autour du monde de faire attention.